Ce qu’une cuisine dans Villeray demande vraiment
Villeray est à une vingtaine de minutes de l’atelier, vers l’est par la 40 puis Christophe-Colomb ou Saint-Denis. Nous y allons souvent, et c’est l’un des rares endroits où nous avons appris à mesurer l’escalier avant de mesurer la cuisine.
Presque tout ce dans quoi nous travaillons ici est un duplex ou un triplex bâti entre 1910 et 1955 environ. Des logements en longueur, des pièces en enfilade, une cuisine au fond qui fait généralement de huit à dix pieds de large, un balcon arrière, et un escalier extérieur qui n’a jamais été conçu en pensant à un réfrigérateur. Les plafonds font souvent neuf pieds ou plus, et c’est la planche de salut, parce que la seule direction où il reste de la place dans ces cuisines, c’est vers le haut. Beaucoup gardent des détails d’origine : une corniche de plâtre, un plancher de bois qui vaut la peine d’être gardé, parfois des portes avec leur quincaillerie d’époque.
Le problème de conception dans Villeray n’est donc presque jamais le style. C’est de faire entrer une vraie cuisine dans un corridor. Ça veut dire un frigo de profondeur comptoir ou encastré plutôt qu’un modèle standard, un lave-vaisselle de vingt-quatre pouces seulement là où il entre vraiment, des tiroirs plutôt que des portes pour que rien ne s’ouvre dans le passage, des armoires menées au plafond avec un crochet à escabeau quelque part de sensé, et une décision sur la possibilité d’abattre le mur vers la salle à manger. Ça veut dire aussi planifier la livraison sérieusement. Nous dégondons les portes, montons les caissons à bras, et là où la rue ne le permet pas, nous organisons l’occupation du stationnement d’avance plutôt que le matin même.
Ce qu’on finit généralement par dessiner
Une seule rangée haute jusqu’au plafond sur le mur aveugle, une rangée moins profonde sous la fenêtre, aucun haut là où il bloquerait la lumière, et une péninsule seulement si le passage y survit. Des façades shaker minces ou lisses mates. Des électroménagers encastrés partout où le budget le permet, parce que dans une pièce de neuf pieds l’encombrement visuel coûte plus cher que l’argent. Et un comptoir de quartz pâle avec un dosseret pleine hauteur, pour renvoyer le peu de lumière du jour sur toute la longueur.
Comment se déroule la visite
- Nous venons au logement, mesurons chaque mur et photographions aussi l’escalier et les cadres de porte. Gratuit, en général dans la semaine.
- Vous recevez des élévations dessinées dans AutoCAD, pour que la cuisine soit réglée sur papier avant la première coupe.
- Le prix est écrit, détaillé et fixe par rapport à ces plans.
- Tout est fabriqué à Saint-Laurent, puis livré et installé par nos propres gens.
- Nous planifions d’avance le trajet de livraison dans l’immeuble, y compris les portes à dégonder.



